Cannes à Paris: Fatherland, un prix mérité
- TheoLmr
- 4 juin
- 2 min de lecture

Si vous avez loupé le dernier Festival de Cannes, pas de panique sur Paris, presque tout est repris dans plusieurs cinéma de la capitale. D'ailleurs même plus globalement en France certains cinéma ont pu reprendre une poignée de films de la Compétition. Et parmi ceux-ci, Fatherland de Pawel Pawlikowski ayant reçu le prix de la mise en scène.
Une vision intéressante
Le film commence, un plan fixe, August Diehl monologue sur la vacuité de la vie.
On suivra une famille, principalement l'écrivain Thomas Mann et sa fille Erika dans une Allemagne en pleine reconstruction à la sortie de la Seconde Guerre Mondiale.
Et cette reconstruction est alors mise en parallèle avec cette famille, centré autour du lauréat au Prix Nobel de Littérature, ayant fuit la guerre pour vivre aux États-Unis.
Comment revenir chez soi? Comment qualifier le "chez soi" ? Ce que les anglophones appellent "home". Est-ce le pays dans lequel on vie, celui dans lequel on est né, notre maison, notre famille, notre œuvre, nos créations ?
La question s'impose lors de ce voyage dans cette Allemagne brisée, littéralement tranchée de part et d'autres, les hypocrites qui se cachent dans l'ombre de la honte, les intéressés plein d'orgueil, ceux qui cherchent à regagner l'honneur perdu.
Et en plein milieu, un père et sa fille. Perdus eux aussi dans ce monde en recomposition, derrière ce carré monochrome à la composition parfaite.
Ces plans fixes si proches de ces personnages, et pourtant toujours lointains, comme un objectif, un rêve inatteignable que l'on ne peut qu'envisager.
Pawlikowski dresse ici un portrait miroir, le portrait d'une nation déchu en recherche de rédemption, et celui d'une famille qui ne sait pas encore si elle est brisée ou en cours de destruction. Peut-être que l'un ne peut aller sans l'autre, ou alors la volonté suffirait-elle?
Au travers d'une image somptueuse, de la performance bouleversante de Sandra Huller, de cette mise en scène minutieuse, nous assistons, en simple spectateur, à un impact mondiale à l'échelle la plus humaine possible.
Et n'est-ce pas ce qui compte le plus au monde? La seule chose qui compte. L'humain.
En un mot
Fatherland nous offre un point de vue unique et impressionnant sur l'après-guerre allemand. En créant un objet cinématographique des plus beaux et travaillé afin de montrer les débrit d'un conflit qui ne prendra jamais vraiment fin. Mais peut-être y a-t-il de l'espoir. Sublime.



Commentaires