La venus électrique: loin du coup de foudre
- TheoLmr
- 16 mai
- 3 min de lecture

Présenté en Ouverture du 79ème Festival de Cannes, comme chaque année c'est un film français qui ouvre le bal, et cette année c'est le nouveau film de Pierre Salvadori qui a été choisi. Avec un casting immanquable, mais le film en est-il à la hauteur?
Une introduction difficile
Comment bien commencer son film? C'est crucial car il faut savoir attraper le spectateur dans son univers, lui faire comprendre son rythme, son langage, ou le déstabiliser au contraire, cela dépend bien sûr. Ici c'est tout simplement plat. En essayant de nous montrer un bel ancien Paris, qui en soit n'est pas raté, c'est plutôt bien construit, mais sans aucun charme, sans âme. Ce n'est qu'un vulgaire décor auquel on ne porte pas plus d'importance qu'un plan sur fond vert montrant le Sacré-Cœur. Auquel on ajoute des dialogues au ton terriblement vieillot, dans le sens où, oui, dans les années 30 on ne parlait pas comme aujourd'hui, mais ce langage particulier n'est jamais assumé et on a constamment au cours du film cette impression de forcé, problème de texte ou de direction d'acteur, le fait est que du coup rien ne parait naturel. Dès le début on sort du film, et alors quand le film en question dure 2h, on se dit tout de suite que la séance sera bien trop longue...
Une intrigue vu et revu
Autre souci de scénario immédiat, quand l'intrigue dépend d'une situation basée autour d'un mensonge, on sait tout de suite comment le reste va se dérouler. Et c'est encore une fois quelque chose qui nous sort de l'immersion artistique, ce genre de poncif est plus que redondant. Au cas où vous vous poseriez la question, non ce n'est pas gérer de façon particulièrement originale, ça n'ajoute rien et on ne fait qu'attendre le moment de vérité. Cependant tout n'est pas raté quand même, les acteurs et actrices interprètent parfaitement leurs rôles respectifs, avec une pensée particulière pour Gilles Lellouche qui dès qu'il n'est plus derrière la caméra de Cédric Jimenez redécouvre le métier d'acteur en jouant pleinement et avec sincérité la partition qui lui est donnée.
Mais force est de constater que la romance passée est des plus touchante, on tombe sous le charme de cette naissance sentimentale sur fond de création picturale. A tel point que la quête principale du récit tombe à plat, on n'y porte que peu d'intérêt. On se retrouve alors embarqué dans ce rythme en demie mesure dégageant très peu de saveur.
On gardera tout de même la fin qui alors dans un dernier élan parvient à nous accrocher à l'entièreté du récit, on se surprend à ressentir de l'empathie pour tous ces personnages, à croire en leurs sentiments, il y a de la tendresse, de la douleur et parfois une certaine grâce visuelle dans certains plans.
Alors que la photo n'avait rien de spéciale, une scène reste en mémoire, ce léger rayon de soleil à l'entrée d'un lac au bout d'une forêt. Comme un moment hors du temps qui ne dure hélas que trop peu.
En un mot
Il est rare que les films d'ouvertures à Cannes soient particulièrement remarquables (quoi que "Partir un Jour" était une douce bouffée de bonheur et "Annette" un chef d’œuvre absolu) mais ici il est même incompréhensible qu'il soit en sélection officielle tant il ne dégage rien. Alors que le film nous crie dessus tout du long sa volonté d'être ce beau et élégant film d'époque, au final il n'en est rien et c'est bien dommage.



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