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Obsession: Nos Youtubers ont du Talent

TheoLmr
15 mai
3 min de lecture



Curry Barker s'est fait connaître sur Youtube avec sa chaîne "that's a bad idea". Au début une simple chaîne de gag et d'humour, à l'instar de "Key and Peele", il finit par réalisé plusieurs courts-métrages d'horreur, se fait voir en festival, puis son premier long-métrage en found footage "Milk and Serial" en 2024 qui propulse sa popularité dans le monde de l'étrange et lui permet alors de faire produire son prochain film par la plus grande boîte de production d'horreur: Blumhouse.





La nouvelle génération du genre


Depuis quelques années maintenant une nouvelle génération de cinéaste venant d'internet arrive sur grand écran, et particulièrement dans le cinéma de genre. En 2022 le génial "Talk to Me" (La Main en France) des frères Philippou, la même année "Skinamarink" de Kyle Edward Ball, l'année dernière "Weapons" (Evanouis en France) de Zach Cregger ou encore prochainement Backrooms de Kane Pixels. Tous viennent de youtube et apportent un énorme vent de fraîcheur dans ce monde malheureusement souvent remplis de vulgaires usines à jumpscare sans grand intérêt. Nous offrant des films qui sont non seulement terrifiant dans leur ambiance parfaitement maîtrisée, mais aussi bouleversants émotionnellement (beaucoup de larmes ont coulés devant Talk to Me...)


Construire la peur là où on s'y attend le moins


Obsession est un film qui brille dans sa construction narrative et sa mise en scène des plus intimistes. Filmé en 4/3, on est immédiatement au plus proche des personnages, on ressent chaque variation émotionnelle, aussi légère soit-elle, et en même temps ce format nous enferme dans cet univers. Presque jamais filmé en extérieur, comme un huit-clos constant dans lequel on ne respire qu'à peine on ne fait qu'être le spectateur bloqué devant cette horrible descente aux enfers. Alors que l’élément perturbateur du récit arrive rapidement, on comprend également très vite l'intensité tragique de la situation, le personnage de Nikki, enfermée dans son propre corps qu'elle ne contrôle plus à cause des désirs égoïstes d'un jeune homme. Cette nouvelle Nikki ne fait pas juste peur, elle est terrifiante. Il y a une telle maitrise de l'escalade sensationnelle au sens brute, on ne fait que ressentir de plus en plus de tension, d'anxiété à chaque potentiel moment de rupture. Jamais un simple échange téléphonique n'a été aussi éprouvant à regarder, dans l'attente constante que le pire allait arriver, ce moment où l'on est sûr que l'horreur est présente, que la terreur arrive et que le souffle s'arrête. Obsession nous rend paranoïaque, on regarde chaque coin trop sombre de l'image, toujours parfaitement bien cadrée, les visages sont parfois en pleine zone d'ombre, les détails s'enfuient, l'imaginaire fait le reste. Mais l'imaginaire est souvent bien pire que la réalité, et le film joue, il jongle avec. Il nous enferme.

La musique composée par Rock Burwell joue aussi un rôle important dans cette gestion de l'ambiance si particulière. On reconnait tout de suite ce style "internet" avec une composition musicale pleinement dans le genre électronique "ambiant" "downtempo" très utilisée dans certains montages sur les réseaux sociaux. On est tout de suite immergé dans l'étrange, mais aussi l'onirique, quelque chose d'à peine palpable mais qui serait tout autour de nous, presque réconfortant. Rendant les cris d'effrois encore plus percutant, grâce à un mixage sonore des plus dynamiques qui frappe plus fort qu'un boulet de canon. Et comment ne pas parler de l'immense performance d'Inde Navarrette, qui délivre ici un jeu des plus versatiles, cette manière de glisser d'un état émotionnel à l'autre sans aucune transition est dérangeante au possible, ses bugs corporels à l'image d'un robot ne fonctionnant pas comme il le devrait. Elle parvient brillamment à rendre son personnage aussi tendre et identifiable dans l'humain que perturbant et déstabilisant, justement quand elle arrive dans cet entre-deux, cette vallée de l'étrange incompréhensible, néanmoins fascinante.


En un mot


Obsession est sans doute parmi les plus grand film d'horreur sortis récemment. Une excellence rare, un choc qui n'avait pas été vu depuis le grand Hérédité de Ari Aster. C'est un film qui bouleverse, qui déséquilibre, qui utilise tous ces codes que l'ont croit si bien connaître, et pourtant les utilise d'une telle manière que l'on ne peut qu'être pris dans cette tornade de terreur. Cette terreur d'être déposséder de son corps par un homme, de ne pouvoir rien faire devant un acte qui détruira la vie. Curry Barker nous y plonge tou.te.s. Inoubliable.



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